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Dans une AccorHotel Arena presque pleine dès l’ouverture des portes, tous les spectateurs attendent l’entrée en lice du champion olympique géorgien Lasha Bekauri, de la championne du Monde Romane Dicko et bien sur de la superstar Teddy Riner.
Mais le public parisien a pu profiter du spectacle dès les premiers combats, avec une équipe de France tonitruante.

Des fortunes diverses

Les premiers combats, parfois piégeux, ont réservés des sorts différents aux membres de l’équipe de France.
En -81 kg, le Hollandais Franck De Wit, figurant parmi les favoris de la journée, prend le dessus sur un Arnaud Aregba pourtant volontaire dans ses attaques. A l’expérience, le batave encaisse les assauts du judoka du PSG pour finalement réussir à le clouer au sol sur un ko uchi gake bien engagé. Eniel Caroly (-90 kg) ne va pas non plus plus loin que le premier tour, stoppé sur immobilisation par le Hongrois Safrany.

Chez les filles, Kaila Issoufi et Laura Haberstock (-70 kg) butent aussi lors de leur entrée en lice, tout comme Liz Ngelebeya et Irene Lavillonniere (-78 kg), 22 ans de moyenne à elles quatre.

Le second tour fait également des dégâts puisqu’il voit sortir Loic Pietri, contré contre l’Autrichien Borchashvili après un premier tour déjà compliqué contre le Suisse Bonferroni, athlète en pleine ascension. Cédric Olivar finit piégé au sol, tout comme Joris Agbegnenou qui subit une clé de bras de l’Israélien Paltchik, jusqu’à la rupture. Le champion du Monde en titre Turoboyev prend le meilleur sur Nicolas Pavloski.

Surprise dans la catégorie des +100 kg où le vice champion olympique Tushishivili (GEO) s’incline dès son premier combat face au japonais Ota, vainqueur du dernier Grand-Slam de Tokyo et finaliste aujourd’hui.

Une équipe de France omniprésente

La journée avançant, les têtes de série sortent peu à peu du lot. On retrouve donc assez logiquement le champion du Monde en titre Tato Grigalashvili (GEO) en demi-finale des -81 kg, puis en finale après sa victoire contre le Turque Albayrac. Ce même Turc avait immobilisé Tizie Gnamien un peu plus tôt dans la journée, stoppant l’élan du Français qui sortait de deux combats gagnés par ippon.

La finale de la catégorie aurait pu opposer le Géorgien au Français Alpha Djalo, mais les arbitres en ont décidés autrement. Très en forme dans sa journée, le tricolore aura passé les tours au fur et à mesure avec cette attitude toujours très dynamique et ses attaques variées. Mais dans sa confrontation avec l’Allemand Cavelius, en demi-finale donc, les arbitres ont estimés qu’il avait abandonné en tapant des pieds sur une clé qui, si tel était le cas, aurait semble t-il été portée sur l’épaule et donc interdite.


Dans la catégorie des -90 kg, le champion du Monde 2019 Noel Van t End (NED) essaiera de remporter la première médaille d’or de sa carrière ici à Paris. Ses mouvements d’épaules ou ses confusions avant-arrière auront eu raison de ses adversaires et notamment du jeune Maxime Ngayap Hambou. Ce dernier finit sa journée à une 7e place mais aura réussi à devenir le chouchou de la salle après son exploit en début de journée. Opposé au champion olympique Bekauri (GEO), il a su résister aux tentatives d’arrachage de celui-ci et aux termes d’un combat long de neuf minutes, parvient à contrer un sasae mal engagé.

(c) Gabriela Sabau

En -70 kg, le tirage au sort aura placé Marie Eve Gahié et Margaux Pinot dans la même partie de tableau, les conduisant à se rencontrer dès le stade des quarts de finale. Dans cette confrontation directe, c’est la première qui réussi à prendre le meilleur en neutralisant le kumi kata de sa compatriote, faisant monter les pénalités jusqu’à la disqualification. Les résultats seront sensiblement différents à la fin de la journée, puisque Pinot s’incline à nouveau en repêchage face à Kim Polling (NED) pendant que Gahie rejoint la finale après un contre sur la Brésilienne Froner.

Ca n’aura pas été le seul combat franco-français puisque Julia Tolofua (+78 kg) s’est défaite de Léa Fontaine au stade des repêchages, lui ouvrant la place pour le bronze face à la Turque Sayit. Autre Française et autre Turque, la seconde place de trois verra s’affronter Romane Dicko et Hilal Ozturk.
Enfin, c’est en finale des -78 kg que la France aura deux représentantes avec Audrey Tcheumeo et Chloé Buttigieg. La première, expérimentée, aura su rester sérieuse toute la matinée pour gagner chacun de ses combats tandis que la seconde aura surpris son monde en écartant notamment une référence de la catégorie, la médaillée mondiale Steenhuis (NED). A 25 ans et pour sa première participation au tournoi parisien, celle qui n’avait qu’au départ un statut de remplaçante pourrait vite se faire un nom dans cette catégorie.

Le parcours des -100 kg aura été plus difficile pour les Français puisque seul Aurélien Diesse aura pu atteindre le stade des quarts de finale. Malheureusement blessé au bras, il ne pourra pas défendre ses chances ni se présenter en repêchage dans l’optique d’une médaille de bronze.

Chez les poids lourds +100 kg, Amadou Meite aura réussi à franchir un tour de plus que ses amis Sanal et Andreev mais ne pourra rien face à l’Ouzbek Yusupov, en lice pour le bronze. Seul Teddy Riner fait mieux, pour le bonheur des fans présents, en gagnant ses combats préliminaires grâce à ses mouvements de jambe. En demi-finale, un frisson a tout de même parcouru l’échine des milliers de spectateurs après une tentative de contre finalement non comptabilisée par les arbitres. Ce sera donc par la voie des pénalités que le géant français rejoint la finale, s’assurant une huitième médaille en Grand-Slam sur dix participations.